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SRG.

Anatomie d’une attaque

Une PME de 38 postes, quelque part au Québec. Un dimanche soir d’hiver, le même courriel piégé arrive dans deux versions de la même entreprise : à gauche, rien ne la protège; à droite, l’infrastructure est gérée par SRG. Regardez la nuit se dérouler — en direct, côte à côte.

Scénario fictif, inspiré d’incidents réels documentés publiquement. Aucune entreprise nommée n’y est associée.

22 h 14Un courriel comme les autres

Une « facture en retard », un ton qui presse, un logo crédible. Des deux côtés, le même employé fatigué ouvre la même pièce jointe sur son portable. Pour l’instant, rien ne distingue les deux nuits.

22 h 15La première minute décide de tout

À gauche, le code s’exécute en silence — pas d’antivirus géré, pas de détection : la machine appartient déjà à quelqu’un d’autre. À droite, l’agent de détection reconnaît le comportement et bloque l’exécution. Le poste est marqué suspect.

22 h 31Pendant que personne ne regarde

À gauche, le poste appelle le serveur des attaquants et attend ses ordres; le pare-feu a huit ans et personne ne lit ses journaux. À droite, le poste est déjà coupé du réseau — et le technicien de garde SRG regarde l’alerte, deux minutes après le clic.

23 h 02La propagation — ou pas

À gauche, un mot de passe administrateur réutilisé partout ouvre les portes une à une : le réseau est plat, rien ne sépare la réception de la paie. À droite, le réseau est segmenté, les identifiants sont réinitialisés — aucun mouvement latéral.

23 h 47Les sauvegardes

À gauche, les attaquants trouvent le disque de sauvegarde — branché en permanence, visible sur le réseau — et l’effacent avant de chiffrer quoi que ce soit. À droite, les sauvegardes sont hors site et immuables : elles n’ont jamais été accessibles.

3 h 12Le chiffrement — et l’incident clos

À gauche, 38 postes et 2 serveurs chiffrent leurs propres fichiers : devis, contrats, paie, 14 ans d’historique — verrouillés derrière une clé que seuls les attaquants possèdent. À droite, l’incident est clos depuis 22 h 41 : poste réinitialisé, rapport déposé. 27 minutes.

7 h 58Lundi matin

À gauche, la réceptionniste allume son écran : « Vos fichiers ont été chiffrés. » La demande : 450 000 $ en cryptomonnaie. Personne ne sait qui appeler. À droite, la seule trace de la nuit est un rapport d’incident — et une courte formation anti-hameçonnage au calendrier.

La même nuit. 450 000 $ — ou 27 minutes.

Des semaines d’arrêt, des clients perdus, une déclaration à la Commission d’accès à l’information (Loi 25), des nuits blanches — ou un billet fermé avant minuit. La différence n’est pas la chance : c’est une infrastructure gérée, surveillée et segmentée.

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